Belem Souleymane, l’espoir de manger à sa faim grâce aux semences améliorées

Souleymane Belem, bénéficiaire de sémences améliorées produit des céréales

Souleymane Belem, bénéficiaire de sémences améliorées produit des céréales

A 70 ans révolus, Belem Souleymane, natif de la commune rurale de Séguénéga au Nord du Burkina Faso, donne l’allure d’un homme résilient et heureux. Producteur agricole et totalement dépendant de cette activité avec 17 bouches à nourrir et vivant dans une zone aride où la pluie se fait capricieuse, Belem Souleymane a connu des moments difficiles mais aujourd’hui déclare vivre heureux : « Ici à Séguénéga, avant la vie était vraiment très difficile mais de nos jours, la vie est devenue plus facile ». De cette époque désormais révolue, le vieil homme retient : l’insuffisance des pluies, l’aridité des terres, les mauvaises récoltes et leurs corolaires de famine : « Avant, à cette période, il y avait la faim. Car le mil est à moitié mur et les stocks épuisés ».

Outre les caprices naturels, ce martyr s’explique par l’utilisation des semences qui n’étaient plus adaptées aux conditions climatiques qui avaient changé : Avant souligne-t-il, « on utilisait nos semences traditionnelles qui mettaient 120 jours pour arriver à maturité. Le haricot local qu’on avait l’habitude de cultiver, aussi à cette période, il n’avait même pas commencé à donner des fleurs ».  Conséquence, « on n’arrivait pas à avoir une autosuffisance alimentaire et nos familles n’étaient pas bien nourries ». Pour s’en sortir, il se trouve ainsi obligé de brader son capital d’élevage. « Nous ne sommes plus obligés de vendre nos poulets pour payer du mil. A présent, l’aide que nous avons reçue nous permet de satisfaire nos familles en terme de nourriture ».

Ce nouveau virage dans la sécurité alimentaire, Belem Souleymane soutient que sa communauté le doit à l’adoption de nouvelles pratiques grâce aux interventions AAAE financées par Oxfam. En effet lui et les siens ont reçu des appuis qui ont changé leurs vies. Il a d’abord reçu les semences plus adaptées à cycle court : Nos semences actuelles arrivent à maturité avant les 120 jours si bien que même en cas de sécheresse en fin de saison on arrive à récolter. C’est pour ça que la vie est devenue moins difficile pour nous... (…) Quant au haricot, avant à cette période, la floraison n’avait pas encore commencé.

Mais actuellement, le haricot que nous avons semé a déjà commencé à fleurir ». Il y a ensuite le soutien en matériel de production qui a favorisé l’adoption de nouvelles pratiques : « Grâce au projet, nous avons été équipés en matériel de culture (pioche pour la méthode Zaï, des brouettes pour ramasser les cailloux pour faire des cordons pierreux et ramasser le compost pour fertiliser nos champs ». Bien avant l’acquisition du matériel, c’était la croix et la bannière pour préparer leurs terres car soutient-il : « avant les cailloux et le compost se transportaient sur la tete. Ce qui était physiquement éreintant et limitait la couverture de toutes les surfaces culturales ».  Pour BELEM Souleymane, les interventions de AAAE avec le soutien de Oxfam ont permis de diminuer la souffrance des bénéficiaires qui désormais arrivent à dégager un surplus de leurs récoltes pour revendre afin de prendre en charge la scolarité de leurs enfants :. « Comme la faim a diminué, la souffrance á diminué aussi. Nous arrivons à manger deux à trois fois par jour et la qualité aussi a augmenté ».

Cette année particulièrement son champ de sorgho pour lequel des semences lui ont été dotées présente une bonne physionomie avec des espoirs de bonnes récoltes: « Cette année si la pluie continue ainsi, nous n’allons pas trop payer les vivres » confie-t-il, l’air confiant. En homme dynamique, il prévoit de faire de la maraiche- culture ( du chou, de la tomate, de l’oignon) pour pallier l’insuffisance des vivres et la pauvreté: « Au cas où les vivres viendraient à manquer, nous pouvons alors en acheter avec l’argent de la maraiche-culture ». Il reste cependant que pour lui, ce résultat pourrait être meilleur si une dotation en engrais était prise en compte dans les appuis apportés aux villageois. Son souhait pour les prochaines interventions est qu’on « nous donne aussi de l’engrais moderne car notre compostage n’est pas assez suffisant pour nos cultures. Cela va nous permettre de produire plus et d’avoir du rendement ». Lui et sa communauté sont prêts à s’investir à fond car Belem se dit convaincu « qu’il n’y a aucun espoir pour atteindre la sécurité alimentaire en dehors du travail ». A sa communauté et à ceux qui l’écoutent il n’hésite pas à lancer : « J’aimerais dire à tous ceux qui peuvent nous écouter que c’est le travail qui fait l’homme qu’importe le travail. Lui seul nous libère ».