KOUBRI : l’éveil des consciences en marche grâce au cadre de dialogue citoyen

Jérôme Zangré, 1er adjoint au maire de Koubri

Koubri est une commune de la province du Kadiogo, dans la région du Centre. Elle est l’une des localités bénéficiaires du programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen au Burkina Faso, financé par l´Ambassade du Danemark. Dans la mise en œuvre de ce programme, le Cadre de dialogue citoyen (CDC) joue pleinement sa participation pour promouvoir la gouvernance locale.

« Nous avons eu l’accompagnement de la Direction régionale de l’eau et de l’assainissement qui a donné des latrines à réaliser au niveau de la commune. Nous avons eu des échos qu’il y avait des plaintes au niveau des ménages, plaintes selon lesquelles, les latrines ne sont pas bien faites. Le CDC a profité de la journée de redevabilité pour revenir sur cette question pour demander à ce qu’on ait un œil regardant sur ces réalisations parce que c’est l’argent du contribuable qui est mis dedans. Il faut bien que les infrastructures soient bien réalisées au profit de la population pour ne pas payer des gens qui ne font pas bien travail ». Ces propos de Jérôme Zangré, 1er adjoint au maire de Koubri, viennent illustrer la mission que mènent les membres du Cadre de dialogue citoyen (CDC) dans ladite commune. Effectivement, Yerbanga Amadou, président du CDC et ses collègues ont fait le constat que les latrines publiques au niveau du marché de Koubri sont dans un état « lamentables ». De même, pour les latrines offertes par la Direction régionale de l’eau et de l’assainissement, il y avait des « dalles et des briques mal confectionnées ». Suite à une interpellation du CDC, les dalles et briquées « mal confectionnées » ont été retirées du site.  

Ces actions du CDC font réagir le 1er adjoint au maire de Koubri. « Nous nous demandons souvent si le suivi-contrôle fait bien son travail », s’est interrogé Jérôme Zangré.  Une façon pour cette autorité municipale de saluer le travail fait par les membres du CDC. « Je voudrais rendre hommage à ce Cadre qui, de par son action, suscite l’adhésion de la population dans les actions que mène la mairie », a-t-il indiqué. Et d’ajouter qu’il faut « la société civile pour contribuer à éveiller les consciences des citoyens ». « Nous apprécions à sa juste valeur cette collaboration », a-t-il insisté. Pour le 1er adjoint au maire, ce sont les membres du CDC « qui suivent (les travaux, ndlr) et qui connaissent les failles. Et donc s’il y a des failles, il faut interpeller pour qu’on puisse corriger ». Si le CDC bénéficie d’une bonne image aujourd’hui, ce n’était pas le cas au début. « C’était très difficile faire comprendre le rôle du CDC aux autorités communales. Parce que certains pensaient que nous étions venus mettre des bâtons dans leurs roues. Nous leur avons fait comprendre que le rôle du CDC, c’est d’être intermédiaire entre l’administration et la population », a notamment témoigné le président du CDC, Yerbanga Amadou.

Le CDC a contribué énormément à sensibiliser les citoyens quant au paiement de leurs taxes et impôt

Le tandem mairie-CDC est en train de faire bouger les lignes si l’on en croit aux différents témoignages. Une interpellation du CDC a permis des conflits entre les orpailleurs et les agents de couvrement des taxes et impôts. « Le CDC a contribué énormément à sensibiliser les citoyens quant au paiement de leurs taxes et impôts. On sent déjà que leur apport a beaucoup aidé à mobiliser les contribuables. Je souhaite que tous les partenaires qui soutiennent ce cadre puissent continuer à les accompagner parce qu’il fait un travail qui profite à la commune et aux populations », a interpellé le 1er adjoint au maire. Le CDC Koubri a d’autres batailles encore à mener. L’une de ces batailles, c’est la gestion du fonds minier de développement. « La mairie a confirmé qu’elle reçoit les fonds miniers. Le jour de la redevabilité, nous avons évoqué le problème avec la mairie qui nous a fait savoir qu’elle est en train construire des bureaux pour l’Action sociale. Nous poursuivons nos enquêtes et luttes pour que cela soit une réalité », a fait constater le président Yerbanga Amadou.

Pour rappel, les activités du CDC rentrent dans le cadre de la mise en œuvre du programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen au Burkina Faso, financé par l´Ambassade du Danemark. Ce programme dont le volet opérationnel a été confié à Oxfam et ses partenaires associatifs que sont le Secrétaire Permanent des ONG (SPONG), l´Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) et la Coalition Burkinabè pour les Droits de la Femme (CBDF), « vise la promotion d’une citoyenneté active pour la réduction des inégalités de manière progressive et inclusive est promue en créant et utilisant d’espaces dans lesquels les citoyennes et citoyens exercent leurs droits afin d’influencer et contrôler l’augmentation des ressources pour les dépenses au profit de services publics de qualité, de systèmes fiscaux responsables, d’une mobilisation des revenus, en introduisant et en construisant des changements sociaux ». Les communes cibles sont Bama, Kaya, Sabcé, Tenkodogo, Koubri, Satiri, Réo, Manga et Saponé.