Halte à la marginalisation des acteurs humanitaires locaux

Date de publication :: 
Jeudi, 16 décembre, 2021

 « Le passage du développement à l’humanitaire s’est traduit par une marginalisation partielle des acteurs locaux », c’est l’une des révélations d’une étude réalisée par Oxfam et qui rendue publique, ce mercredi 16 décembre 2021 à Ouagadougou. Le rapport sur le Local humanitarian leadership : passer des belles paroles aux actes », révèle en effet que dans la réponse humanitaire en cours, les partenaires locaux et nationaux restent encore très fortement relégués à un rôle de prestataires plutôt que de réels partenaires.  Ces acteurs humanitaires locaux dont le financement ne représentait seulement 0,17% du financement humanitaire total alloué au pays en 2020, restent aussi encore largement exclus des structures de coordination les plus stratégiques : Dans ce nouveau contexte opérationnel, « le LHL tente de se construire au Burkina Faso mais les ONG locales et les ABC ne se retrouvent pas encore dans un système humanitaire prêt à ce que les acteurs locaux deviennent lead » a rapporté un membre d’une ONGN.

Aussi, il ressort que les partenaires internationaux fassent de la capacitation une composante de leur projet humanitaire, le renforcement des capacités reste majoritairement une activité secondaire ad hoc limitée par les budgets et est encore compris dans une logique descendante plutôt que dans l’idée d’échange de capacités. Cette faiblesse du leadership est attribuée aux « partenaires internationaux, notamment soumise à des règles des bailleurs de fonds souvent inflexibles, est de tomber dans une sorte de paternalisme avec des organisations nationales, les plaçant dans une relation semblable à du clientélisme », Directeur d’une ONGN de Ouagadougou.

Pour permettre aux acteurs humanitaires locaux d’assurer le leadership avec efficacité, le rapport préconise une sortie de la logique de prestataire à une logique d’alliance complémentaire : « On ne peut pas développer quelqu’un, mais il faut donner les outils pour que cette personne se développe seule et qu’elle puisse décider par elle-même. Il faut que cela parte d’acteurs engagés ». Directeur d’une ONGN basée à Ouagadougou. Le rapport préconise également une amélioration de la coordination et de la représentation des ONGs locales dans les instances de prise de décisions, un renforcement plus durable et mutuel de capacités des acteurs humanitaires locaux.

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