Marche pour le climat : Oxfam et ses partenaires de la société civile mobilisés pour demander justice climatique

Agir ou périr ensemble, c’est sur ce thème qu’Oxfam au Burkina et une quarantaine d’organisations de la société civile engagées dans la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques, ont marché le samedi 23 octobre 2021 à Ouagadougou, pour dire non aux effets négatifs du changement climatique.

1.5 km, c’est sur un parcours symbolisant les 1.5°celsius à ne pas excéder, que sous la houlette d’Oxfam au Burkina, des centaines de personnes membres des OSC se sont mobilisées unanimement pour dire non à la pollution de l’environnement mais oui à une justice climatique. Pour Issaka Ouandaogo, c’est une interpellation à l’endroit des pays pollueurs à prendre leur responsabilité en mettant en avant la justice climatique. « Il nous ont promis de mobiliser à partir de 2020 près de 100 milliards de dollars pour venir en appui aux pays du sud. Malheureusement ces fonds ne sont pas encore mobilisés et la marche de ce soir, c’est de leur rappeler leur engagement mais aussi d’interpeller les décideurs nationaux, sur les efforts qu’on doit faire pour limiter la montée de la température à 1,5 ° ».

Une marche pour impacter les décideurs à respecter leurs engagements

En effet, l’objectif de cette marche était d’impacter et d’influencer les décideurs afin que ceux-ci puissent prendre en compte les préoccupations des populations.  Pour Olivier Tuina, porte-parole des marcheurs, le contexte Covid a imposé une réinvention de la marche: « la marche mondiale pour le climat a donc été lancée afin que chaque organisation dans son pays, ou des coordinations d’associations se mettent ensemble pour marcher et demander la justice climatique ».

Tout ceci témoigne de la volonté des parties prenantes de la COP26 à Paris de limiter le réchauffement global en deçà de 2°C et idéalement ne pas dépasser 1,5°. La marche est donc un moyen pour ces organisations de pousser les décideurs à l’action. « Nous marchons ici au Burkina Faso pour dire à ces dirigeants qui seront à Glasgow de se rappeler l’accord de Paris, de se rappeler des engagements qu’ils ont pris et de passer à l’action maintenant », a indiqué Olivier Tuina.

Une situation climatique qui se dégrade d’années en années

Tinto Safoura habite Zigua, un village de la région du Centre-Nord. Mère de 7 enfants, elle raconte son calvaire d’agricultrice : « il ne pleut pas, le couvert végétal meurt, Notre vie a beaucoup changé, en fonction des années quelques fois il pleut beaucoup et très souvent il ne pleut pas du tout ».

Cette situation impacte négativement sa santé, et l’éducation de ses enfants ; « sur le plan sanitaire c'est très compliqué, parce que généralement nous utilisons les plantes pour nous soigner en attendant de nous rendre à l'hôpital, mais présentement il n’y a même plus d’arbres. À cette période de l'année, généralement nous avions suffisamment de récoltes que nous vendons en ville pour scolariser nos enfants. Mais cette année nous n'avons absolument rien. Il n'y a pas du tout eu de pluie ici, nous sommes très inquiets de cette situation ».

Le Burkina Faso est le 14ème pays le plus vulnérable au monde aux changements climatiques. Les prévisions climatiques sont particulièrement alarmantes : avec des scénari d’augmentation de températures de 4 degrés d’ici à 2100 selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Durant la saison pluvieuse 2021, certaines communes du Nord (Lorum, Yatenga) sont restées plusieurs jours sans aucune goutte d’eau de pluie reçue, perdant quasiment leurs moyens de subsistance. N’est-ce pas là des preuves de plus de changement climatique accentuant une crise humanitaire et une augmentation certaine des inégalités socio-économiques ?

A travers son projet activistes africains pour la justice climatique(AAJC) mis en œuvre par Oxfam et ses partenaires et financé par l’ambassade des Pays-Bas, Oxfam au Burkina veut amener les organisations de jeunes et de femmes agriculteurs, d'éleveurs, de personnes handicapées et de déplacés internes dans les régions du Centre, du Nord, du Sahel, du Sud-Ouest et du Centre-Nord, ainsi que les autorités locales et nationales à prendre conscience des défis posés par le changement climatique et à travailler en synergie en faveur de la justice climatique.