Réduction des inégalités : le Burkina Faso classe 9eme au rang ouest africain

Oxfam, comme chaque année, a procédé ce 3 novembre 2021 au lancement de son rapport annuel sur l’indice d’engagement à lutter contre les inégalités (IERI) intitulé « la crise des inégalités en Afrique de l’Ouest : lutter contre l’austérité et la pandémie », au Centre national de presse Norbert Zongo. Le lancement, présidé par Omer KABORE, Directeur Pays d’Oxfam au Burkina Faso, a mis principalement un focus sur les inégalités au Burkina Faso.

 

Selon le rapport de l’IERI, le Burkina Faso est 9e en Afrique de l’Ouest en matière de lutte contre les inégalités. Une tendance à la baisse des inégalités depuis les années 1990 avec 20 % des plus aisés détenant 44 % des revenus.

Pour Omer Kaboré, « Oxfam s’est résolument engagé dans la lutte contre la pauvreté et les injustices. L’inégalité est un facteur d’aggravation de la pauvreté. C’est dans ce sens qu’il est désormais de coutume pour Oxfam de produire annuellement un rapport sur les inégalités. C’est un document qui permet de montrer les évidences, des sources crédibles pour lesquelles les différents acteurs peuvent s’y référent ».

Au Burkina Faso, la part du budget allouée à l’éducation est de 22,9 %. Elle est la plus élevée dans l’espace CEDEAO. Toutefois, la part dédiée à la santé est faible. Toujours dans la zone CEDEAO le pays a le plus haut taux de collecte fiscale Néanmoins, ce taux est beaucoup moins élevé pour les impôts sur les revenus des entreprises à savoir 22% et des individus à 12% que pour la TVA, 72%, grâce aux exonérations accordées aux grandes entreprises étrangères et aux déductions réclamées par les plus nantis. Sur le plan politique du travail au Burkina Faso, le rapport relève l’inégalité des salaires, soit la 15e plus élevée au monde. Par conséquent, la majorité de la population (87 %), ne bénéficie pas du salaire minimum garanti. Sur la plan agricole, la part de l’agriculture dans le PIB du pays est passée de 25% en 2000 à 20% en 2019. Pourtant, le secteur employait 27% de la population en 2017. Comme conséquence, la pauvreté persiste dans les zones rurales et 10% de la population est confrontée à l’insécurité alimentaire.

Le rapport propose d’augmenter la part des dépenses de l’agriculture dans le budget

Loin d’être un simple document de dénonciation, Omer Kaboré rajoutera que « Ce rapport est loin d’un document de dénonciation stérile. C’est beaucoup plus un instrument d’analyse critique par les acteurs avisés assortie de propositions concrètes réalistes et réalisables pour que les politiques puissent en prendre note et pouvoir intégrer cela dans leur choix afin que les inégalités qui affectent les plus pauvres puissent être dans une certaine mesure combattue »,

Issaka Ouandaogo est le responsable de l’unité influence plaidoyer et connaissance. Il a présenté le rapport lors du lancement. Pour lui, « Le rapport essaie de voir quels sont les engagements politiques pris au niveau de ces trois domaines. Quelles sont leurs traductions concrètes sur le terrain en termes d’allocation, de budget et de dépense. Aussi, il essaie de voir quel est l’impact des politiques sur la vie des populations ».

 Il y a beaucoup d’enfants qui ne sont pas à l’école surtout les enfants des pauvres

Entre autres recommandations, le rapport propose d’augmenter la part des dépenses de l’agriculture dans le budget, en mettant l’accent sur le soutien aux petites exploitations et aux cultures alimentaires.

Par ailleurs, en ce qui consiste les politiques liées au travail, il faut renforcer significativement le respect théorique et pratique des conventions du BIT et continuer à augmenter le SMIG conformément aux futurs taux de croissance nominale du PIB et accroitre les dépenses visant à assurer son application dans toutes les entreprises. Pour ajouter à cela, le Burkina Faso s’est engagé à accorder 20% de son budget à l’éducation. Et même si 22,9% du budget national est attribué à l’éducation « quand on regarde dans le fond, il y a beaucoup d’enfants qui ne sont pas à l’école surtout les enfants des pauvres. Des efforts doivent être faits à ce niveau », insiste le responsable de l’unité influence Oxfam Burkina.

En rappel, Oxfam est un mouvement mondial de personnes qui luttent ensemble contre les inégalités et l’injustice de la pauvreté. Ce rapport sur l’IERI est donc un document qui permet de présenter les évidences de sources crédibles et pour lesquelles, les différents acteurs peuvent se référer avec à la sortie, des recommandations qui permettront aux décideurs de prendre les décisions appropriées pour réduire les inégalités.