Plus de 85 millions de soutien apporté aux étuveuses de riz de Mogtéodo

Accompagner les producteurs dans la mobilisation de crédit auprès d’institutions financières, renforcer leurs capacités et les appuyer dans l’acquisition de petits matériels, tel a été le combat privilégié du consortium Oxfam-SEGAS BF dans la mise en œuvre du Programme de Croissance Economique dans le Secteur Agricole (PCESA). Le projet vise à développer et améliorer l’accès des entreprises rurales à des services de conseil en vue d’augmenter leur productivité, et leur expansion.

85 575 097 FCA.  C’est à cette hauteur que l’UGERM-W de Mogtédo a été accompagnée depuis le début du projet pour la production et la commercialisation du riz étuvé. C’est avec grande joie que l’UGERM-W a accueilli ce projet avant lequel

Avant le projet, l’union n’avait accès qu’à 30 millions de crédit par an auprès de la caisse populaire. Avec l’accompagnement du consortium, une ligne de crédit d’une valeur de 60 millions a été ouverte, permettant alors de renforcer les activités. Grâce à cette ligne consistante de crédit, la matière première peut être achetée à temps et la production peut donc s’intensifier à la demande, selon Rasmata.

Plus de 700 tonnes par an, soit presque trois fois plus que sa production annuelle habituelle.

Dotée d’une décortiqueuse SB30 avant la mise en place du PCESA, l’union n’avait qu’une capacité de production annuelle de 300 tonnes de riz et le travail était plus difficile. Le riz devait être décortiqué dans la machine, trié à l’aide d’une seconde machine, et vanné manuellement. Une lourde tâche qui fatiguait les femmes, absorbait beaucoup de temps et d’énergie.  Grace au projet, l’union a eu accès a une mini- rizerie trois en un. Une machine qui permet à la fois la décortication, la vanne, et aussi le tri, ce qui permet à l’union de produire plus 700 à 800 tonnes par an, soit presque trois fois plus que sa production annuelle habituelle. « À présent, notre riz est plus propre et nous arrivons à satisfaire la demande », poursuit la gestionnaire.

Pour la présidente de l’union, Kaboré Mariam, ce projet vient à point nommé : « avant nous ne maitrisions pas la vente. Nous vendions directement avec les commerçants et certains même refusaient de payer. Pour rendre le riz propre, ce n’était pas facile. Avec l’appui du consortium Oxfam-SEGAS BF, nous avons maitrisé la chaine de vente, la propreté du riz, à travers les formation que nous avons reçue. Et le fond de garanti maintenant nous permet d’avoir accès au crédit et de bien mener nos activités ».

La vie de 1496 bénéficiaires dont 643 femmes changée

Avec la venue du projet, l’UGERM arrive maintenant à racheter le riz des femmes étuveuses, ce qui change leur rapport de pouvoir dans leur vie quotidienne. Pour Assèta Kaboré, membre de l’Union et responsable à l’hygiène, « nous sommes heureuses maintenant ; notre vie a changé, nous arrivons à payer la scolarité de nos enfants. » Par railleur, le temps passé à la production est réduit grâce à l’acquisition de la mini-rizerie. Le projet a aussi permis de renforcer les capacités des femmes membres de l’union. 16 femmes ont été formées et sont devenue formatrices pour d’autres étuveurs. Cela a valu la reconnaissance de l’union au niveau national : « Si nous sommes décorées et si nous sommes à ce niveau aujourd’hui, c’est grâce au projet », renchérit la présidente, Kaboré Mariam.

Regroupant 190 femmes, cette union peinait dans toute sa chaine de production. Pour Rasmata Kaboré, la gestionnaire, une panoplie de difficultés se présentaient à l’Union : des difficultés d’organisation, d’accès à la matière première, et surtout d’accès au crédit.

 Le manque d’accès au financement représente un obstacle majeur à l’expansion des activités des producteurs agricoles. Ainsi, les difficultés d’accès au crédit freinent le « produire local pour consommer local ». Les petits producteurs sont souvent confrontés à de multiples obstacles dans la recherche de financement notamment l’absence de garanties, le faible niveau de formalisation, et l’absence d’une comptabilité fiable. Les banques ont en effet les mêmes exigences qu’il s’agisse de grandes ou de petites entreprises et elles ne proposent pas de solutions accessibles pour les petits producteurs.Fort de ce constat, le Programme de Croissance Economique dans le Secteur Agricole (PCESA). a visé le renforcement des activités du centre d’étuvage de Mogtédo à travers l’accompagnement au montage de dossier de demande de crédit, le renforcement des capacités des membres et de ses fournisseurs, la mise en relation avec le marché, et la fourniture de petits équipements.

Financé par DANIDA, sa mise en œuvre a débuté en 2018, et est assurée par le consortium Oxfam-SEGAS BF. Depuis son lancement, 389 800 577 F CFA de subvention ont été mobilisés dont 119 002 564 F CFA en fonds verts, ce qui a permis d’apporter un soutien à 7 unions et PME (Petite et Moyenne entreprises) dans plusieurs régions du pays et de toucher 1496 bénéficiaires dont 643 femmes. Le montant total des crédits bancaires mobilisés par les 07 opérateurs économiques accompagnés par le consortium dans le cadre du PCESA est de 1 091 000 F CFA.

Même si le Burkina se lance de plus en plus dans le concept du consommer local, le défi majeur reste de mettre à disposition des consommateurs des produits locaux de qualité à une population urbaine croissante mais relativement pauvre.  C’est à relever ce défis qu’Oxfam au Burkina travaille aux côtés de ses partenaires.