Soutien au secteur privé agricole : 40 millions de FCFA de crédit à la Coopérative Sougr Nooma de Bagré

Financer des exploitations de bananes associés à la tierce détention, mettre en place un mode opératoire réduisant de façon significative les risques liés aux financements des exploitations de bananes, organiser l’approvisionnement des producteurs en intrants spécifiques à la production de bananes, capitaliser l’expérience en cours pour une éventuelle mise à l’échelle dans la plaine de Bagré et au niveau de l’ensemble du pays, tels sont autant de défis que le consortium Oxfam SEGAS a voulu relever auprès de la coopérative Sougr Nooma à travers le Programme de Croissance Économique dans le Secteur Agricole (PCESA).

40 millions de FCFA, c’est le montant total de crédit que les producteurs de bananes de la coopérative Sougr Nooma de Bagré dans la Région du Centre Est, ont pu obtenir des banques grâce au consortium.  Ce crédit a permis à la Coopérative de faire face à ces difficultés de fonctionnement et en fonds de roulement et de permettre à ses membres de renforcer leurs capacités productives.

Un accompagnement vivement salué et apprécié par les bénéficiaires, en témoigne Nikiéma Aboubacar membre de la coopérative : « grâce au projet, j’ai pu avoir un gros crédit qui m’a permis d’agrandir mon champ, de l’enrichir et de mieux l’entretenir. Le crédit m’a aussi permis d’avoir du matériel adéquat pour l’entretien de ma production ».  Dans le même sens, autre membre de la coopérative soutient : « Je peux me faire un bénéfice journalier de 10000 à 50000 FCFA après-vente. Désormais tous les membres de la coopérative s’en sorte bien grâce à leur production. Nous entretenons bien nos familles, nos enfants sont scolarisés sans inquiétude. Et tous nos malades vont dans les centres de santé sans soucis d’argent. » a déclaré un des producteurs.

Pour atteindre ce résultat, il a fallu, pour Oxfam et son partenaire, travailler à faire à outiller la Coopérative et la rendre plus professionnelle. Pour ce faire les membres de la coopérative ont été formés sur l’analyse des sols, et sur la production de bananes et ensuite sur l’accompagnement au crédit.

 

Des formations salvatrices pour les producteurs

Ces formations ont permis aux producteurs de mieux s’approprier les techniques culturales à chacun des stades cruciaux d’entretien des champs des bananes. « Les différentes formations que nous avons reçues nous ont permis d’être réactif en cas de parasites sur nos plants de bananes. Nous savons également comment faire pour avoir de bon rendement et de très bonne qualité. Malgré que notre semence actuelle est vétuste, nous produisons beaucoup grâce au projets » raconte un producteur et membre de la coopérative. Une formation théorique et pratique pour améliorer les rendements de la productivité et produire des vitro plants pour tout le groupement et autres producteurs, une formation en techniques de compostage pour permettre aux producteurs de savoir fertiliser les sols et améliorer la productivité.

 La coopérative a aussi vu ses capacités renforcées sur la loi OHADA et les principes coopératifs pour être en phase avec la nouvelle règlementation qui régit les sociétés coopératives dans l’espace OHADA.

À travers le PCESA, la coopérative a reçu de la maitrise d’ouvrage de Bagré des parcelles d’une superficie totale de 28 hectares dans les pépinières de Bagré affecté à la production et la mise sur le marché de bananes très douce et très prisée par les consommateurs. Grâce au consortium, la coopérative Sougr Nooma a bénéficié d’un crédit bancaire à hauteur de 40 000 000 FCFA pour ses membres,

Une innovation majeure mise en place, les vitro-plants

Grace au soutien d’Oxfam et son partenaire, avec détermination, la coopérative Sougr Nooma travaille à doter le Burkina de sa propre semence de bananes pour les 60 prochaines années. La variété de ces plants est presque une première en Afrique et particulièrement au Burkina. « Notre formateur de départ nous avait parlé des vitro plants de la Variété williams qui sont déjà produite en Europe, en Côte d’Ivoire et un peu partout en Afrique. Il nous a appris que ces vitro plans sont de meilleure variété avec de très bon rendement et moins vulnérables aux parasites et aux maladies ».

 La variété de banane produite actuellement au Burkina est vieille de 60 ans et elle se fait de plus en plus vétuste avec une production lente, compliquée et peu rentable. Les membres de la coopérative avaient donc pour seule semence cette dernière : « avant de commencer la production de banane, nous avons eu une formation sur les bananes souches que nous produisons actuellement. Ces bannes souches produisent peu et sont très vulnérable aux parasites. Avec cette variété de banane nous avons de vastes champs mais peu de rendement et ceci n’est pas rentable et ne nous profite pas. Grâce au crédit, désormais nous sommes à pied d’œuvre pour produire cette variété au Faso. » raconte Nikiéma Aboubacar. Les producteurs de Sougr Nooma sont donc les premiers acteurs à faire l’expérience de la variété Williams au Burkina qui pourra être la nouvelle souche de semences pour les 60 prochaines années et permettra de ravitailler tous les producteurs du Faso en vitro plans génération après génération et cela pendant 60 ans.

Depuis le lancement du projet en 2018, 389 800 577 CFA ont été mobilisés pour apporter   un soutien à 7 PME

Dans le souci de soutenir l’essor du secteur privé agricole et favoriser l’émergence d’un secteur privé capable de stimuler la production et de booster la transformation et la commercialisation, Oxfam accompagne les opérateurs agricoles du privé. Ce projet a été mise en œuvre par le consortium Oxfam et SEGAS. Grâce à son dynamisme, à son engagement ainsi qu’au professionnalisme et à l’esprit entrepreneurial dont ils font preuve, la coopérative Sougr Nooma a retenu l’attention du consortium Oxfam-SEGAS pour la mise en œuvre du PCESA. En effet, c’est une coopérative de dix membres, créée en 2013 dans la commune de Bagré, province du Boulgou, dans la région du Centre Est. Actrice de la filière bananes, elle aide ses membres à produire principalement de la banane douce de qualité tout en améliorant le rendement. Les superficies emblavées par les membres de la coopérative sont de 3 à 15 ha soit en moyenne 3,75 ha par producteur.

En rappel, le projet PCESA a débuté en 2018, sur financement de DANIDA, et vise à développer et améliorer l’accès des entreprises rurales à des services de conseil en vue d’augmenter   la productivité, la   création   d’emploi   et   leur   expansion.  Le PCESA, soucieux de supporter une croissance verte, subventionne à 50% un fonds-vert.  Depuis le lancement du projet en 2018, 389 800 577 CFA ont été mobilisés pour apporter   un soutien à 7 PME (Petite et moyenne entreprise) dans plusieurs régions du pays et de toucher 1496 bénéficiaires notamment le groupement entreprises Sougr Nooma à Bagré dans la Région du Centre Est avec 27 545 324 CFA pour soutenir la production et la commercialisation de la banane.

La culture de la banane s’est particulièrement développée au cours des dix dernières années au Burkina Faso. Même si le Burkina Faso n’est pas un producteur naturel de bananes, la filière est porteuse et le produit s’exporte de plus en plus dans les pays voisin tel que le Mali et le Niger. Cette performance a été rendue possible grâce à l’adoption d’une politique de développement de la filière fruit et légumes à travers des programmes de développement de l’État Burkinabè. C’est donc une filière porteuse qu’il faut soutenir et encourager, d’où le PCESA pour contribuer à l’augmentation de la productivité agricole dans cette filière majeure.