Accès à l’hygiène et a l’assainissement : une réponse adaptée a plus de 500 000 personnes

Assurer aux personnes déplacées internes et aux populations hôtes un accès à l’hygiène et à l’assainissement. C’est l’un des défis qu’Oxfam travaille à relever dans la Région du Centre Nord et du Sahel du Burkina Faso depuis le déclenchement de la crise humanitaire et sanitaire. Un combat permanent mais déjà de belles victoires d’étapes qui maintiennent éloigner le spectre des maladies diarrhéiques et autres fléaux. 

"Nous n’avions pas de toilettes, nous étions obligés de solliciter les toilettes des voisins. Nos enfants déféquaient à l’air libre, ce qui créait des tensions avec les voisins ». Ce souvenir désagréable, a été relégué aux oubliettes pour Mariam Maiga déplacée interne sur le site du yaar du secteur 4 de Kaya qui abrite 525 personnes déplacées des plus de 430.000 qu’accueille la région du Centre Nord du Burkina Faso. Mère de famille de 5 enfants, Mariam qui avait tout perdu jusqu’à son intimité en matière d’accès à l’assainissement a retrouvé l’espoir : « « Au début quand nous sommes arrivés ici, nous avions des problèmes liés à l’hygiène et l’assainissement. Mais depuis lors, nous avons reçu des balais, des brouettes, des bidons, des toilettes, du savon et cela nous aide beaucoup. »

Comme elle, plus de 500 000 milles personnes déplacées internes ont vu leur accès à l’hygiène et à l’assainissement s’améliorer grâce à la mobilisation d’Oxfam et de ses partenaires locaux notamment AGED et ATAD pour apporter une assistance humanitaire aux personnes déplacées internes et aux communautés hôtes dans les régions du Centre Nord et du Sahel, grâce à la réalisation d’infrastructures sanitaires et la distribution de matériel d’hygiène. En 2020, Oxfam a construit et réhabilité 4748 latrines, douches d’urgences et bloc de latrines et distribué 112182 kits d’hygiène, de savons et de dispositifs de lave mains aux personnes déplacées internes et aux communautés hôtes.

Fini, les maladies diarrhéiques des enfants

« Nous sommes contents de cette aide. Avant, nos enfants avaient toujours des maladies liées au manque d’hygiène. Maintenant ça va. »

Avec plus d’un million de personnes déplacées internes, concentrées dans les centres urbains avec des sites d’accueil surpeuplés, le manque d’accès à l’hygiène et à l’assainissement constituent des enjeux vitaux pour les familles comme pour les communautés hôtes. Travailler au quotidien et inscrire les actions dans la durabilité s’avèrent nécessaire pour relever le défi. Pour y parvenir, Oxfam mise sur ses partenaires plus proches des communautés.

En effet, pour assurer la pérennité du processus, Oxfam et son partenaire ATAD font des sensibilisations aux personnes déplacées afin qu’elles puissent assainir leurs sites et sensibiliser leurs paires.

« On nous a sensibilisés sur la distanciation sociale, le lavage des mains, le port du masque. Nous arrivons à sensibiliser les autres à pouvoir appliquer les conseils. Sur ce site, nous nous organisons entre femmes, lors de nos réunions, sur nos nattes, en respectant la distanciation sociale, pour nous sensibiliser à l’hygiène de nos enfants, de nos familles, et sur les mesures barrières de corona », précise Mariam.

Pour Kagoné Salam, chef de famille de 10 enfants, cette disposition vient à point nommé. « Nous participons nous même au balayage, nous aidons nos femmes à faire le ménage et à nettoyer les toilettes ».

Des besoins toujours aussi croissants malgré les efforts consentis

Même si Mariam est satisfaite de l’aide qu’elle reçoit d’Oxfam et ses partenaires, des besoins elle en a toujours. « Nous avons toujours besoin des ustensiles, des bidons du savon, des habits ».

Malgré les efforts consentis par les organisations humanitaires, l’Etat, les associations caritatives et même des particuliers, pour apporter des réponses adaptées aux différentes situations, force est de constater que les besoins sont toujours grandissants. Les doléances sont ainsi récurrentes comme celle que Mariam nous a faite nous avons surtout besoin de gaz. Si nous avons le gaz, nous allons cuisiner dans nos maisons. Ici, il n’y a pas de cuisine. Nous préparons à l’air libre. Et d’ici que tu finisses de préparer, la poussière recouvre toute ta nourriture ».

Même si ses souffrances sont un tant soit peu soulagées, c’est par une voix nostalgique donc que Mariam termine son récit : « Quand je repense aux moments où j’étais dans mon village, j’ai la nostalgie. Nous cultivions, nous faisions du commerce... cela fait deux ans que je suis sur ce site. Ma vie a changé ». Son rêve c’est de retourner un jour dans son village. A cette éventualité un rêve qui ne sera possible qu’avec la construction d’une paix durable, un autre front sur lequel Oxfam se bat.