Cadre de Dialogue de Citoyen de SATIRI : influence efficace sur les droits de la jeune fille

Satiri est une commune de la province du Houet dans la région des Hauts-Bassins au Burkina Faso. Cette commune a eu le privilège, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, de voir à l’œuvre le programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen au Burkina Faso, financé par l´Ambassade du Danemark. La création du Cadre de dialogue citoyen (CDC) a suscité une nouvelle dynamique de participation citoyenne.

« Ici à Satiri, nous sommes regardants sur le mariage précoce des filles. Nous ne voulons pas que l’on marie les filles mineures ». Ces propos de Traoré Drissa, président CDC, sont traduits en acte concret sur le terrain. En effet, une jeune élève du CEG de Tiarako, localité voisine de Satiri a été enlevée par un jeune homme qui s’enfuyait avec elle en Côte d’Ivoire. Alertés par le directeur dudit CEG, le président du CDC et ses collègues vont se mettre aux trousses du « kidnappeur » de l’élève.  Ce dernier avait déjà franchi les frontières mais a été finalement rattrapé grâce à la collaboration entre les Forces de sécurité burkinabè et ivoiriennes. « 15 jours après son enlèvement, la fille est revenue au lycée », s’est félicité Traoré Drissa.  La question de la femme est inscrite en bonne place dans les luttes engagées par le CDC de Satiri dans le domaine local.

Selon le témoignage de Traoré Drissa, des 32 conseillers que compte le conseil municipal de Satiri, il n’y a aucune femme. « Aucune femme n’est dans le conseil municipal. Nous nous préparons pour que les femmes et les jeunes soient représentés dans le conseil. On va sensibiliser l’ensemble des acteurs. Déjà, les partis politiques ont pris des engagements sur la question et nous attendons de voir la suite », a précisé le président du CDC. En attendant, le CDC lutte pour une réhabilitation de la maison de la femme de la commune de Satiri.

"Voyez-vous le CEG ? Nous avons suivi les travaux de bout en bout"

Pour ce qui est des infrastructures, le CDC a suivi le chantier de réalisation du CEG de Satiri. « Voyez-vous le CEG ? Nous avons suivi les travaux de bout en bout. Un jour, nous sommes venus trouver qu’il y avait des fissures dans le bâtiment nouvellement construit et nous avons interpelé l’autorité communale. Ce dernier nous a dit qu’il n’y aura pas de réception définitive tant que les fissures ne sont pas réparées. Pour la signature de la réception définitive, le maire nous a demandé d’aller vérifier encore. Ce que nous avons fait », a raconté le président du CDC. Le forage et les latrines réalisés, ont été suivis par les hommes du CDC. « Permettez-moi de remercier la CBDF et Oxfam qui nous ont fait comprendre que le suivi fait partie du développement de notre commune. Parce qu’on fait des infrastructures qui ne tiennent que deux jours et il faut trouver encore de l’argent pour recommencer », a indiqué Drissa Traoré. « Tout ce que nous faisons, c’est dans l’intérêt supérieur de la commune. Au départ, les gens pensaient que le CDC était des policiers qui agissent contre les élus locaux. En réalité, notre CDC accompagne les élus locaux. Nous travaillons contre les tricheurs », a-t-il conclu.

Pour rappel, les activités du CDC rentrent dans le cadre de la mise en œuvre du programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen au Burkina Faso, financé par l´Ambassade du Danemark. Ce programme dont le volet opérationnel a été confié à Oxfam et ses partenaires associatifs que sont le Secrétaire Permanent des ONG (SPONG), l´Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) et la Coalition Burkinabè pour les Droits de la Femme (CBDF), « vise la promotion d’une citoyenneté active pour la réduction des inégalités de manière progressive et inclusive est promue en créant et utilisant d’espaces dans lesquels les citoyennes et citoyens exercent leurs droits afin d’influencer et contrôler l’augmentation des ressources pour les dépenses au profit de services publics de qualité, de systèmes fiscaux responsables, d’une mobilisation des revenus, en introduisant et en construisant des changements sociaux ». Les communes cibles sont Bama, Kaya, Sabcé, Tenkodogo, Koubri, Satiri, Réo, Manga et Saponé.