Protection communautaire : des cadres d’échanges pour la protection de toutes et de tous

C’est dans la perspective d’identifier les risques de protection liés à la Covid_19 et de protéger les communautés qu’Oxfam a mis en place des cadres d’échanges avec les communautés. Ces échanges ont abouti à une note de plaidoyer pour susciter l’engagement des autorités pour la résolution de différents problèmes de protection identifiés qui n’ont pas trouvé de solution au niveau local.

 « Dès le début du projet on nous a demandé d’identifier des champions communautaires et des points focaux protection, ce que nous avons fait en collaboration avec Oxfam, identification à l’issue de laquelle ces champions et points focaux ont été formées sur plusieurs thématiques de protection. A l’issu de cette formation nous avons commencé à réaliser des activités entrant dans le cadre de l’assainissement et de la cohésion sociale », raconte Tao Ayouba, gestionnaire de site de personnes déplacées à Kaya.                       

C’est pour répondre en effet aux besoins urgents et aux priorités des personnes vulnérables et marginalisées, précisément les personnes déplacées internes et les communautés hôtes, affectées par les crises humanitaires et sanitaires et renforcer leur résilience par un soutien d'urgence, préventif, adapté et sécurisé, qu’Oxfam et son partenaire AGED, dans le cadre du projet ont mis en place ces réunions communautaires à Kaya et Dori.

Répondre aux besoins urgents des communautés

 « Le projet a permis de régler un certain nombre de risques liés à la protection. On a octroyé des lampes torches à 200 femmes et jeunes filles de chaque site d’intervention pour éviter qu’elles soient agressées la nuit sur les sites ou aux alentours. Nous avons beaucoup fait des sensibilisations sur l’utilisation de ces lampes à l’endroit de ces personnes. Nous tenons des réunions communautaires afin de déceler les problèmes rencontrés sur le site et voir comment ses problèmes peuvent être résolus », poursuit Tao Ayouba.

Ces échanges ont permis la prise des engagements par les autorités et leaders communautaires. Elles ont aussi permis de formuler des recommandations sur les questions des risques de protection soulevés dans la note de plaidoyer et de mettre en place des comités de suivi des engagements et recommandations pour renforcer l’environnement protecteur des personnes touchées par la crise humanitaire et atténuer les conséquences de la COVID-19. Au total 154 personnes dont 86 femmes et 68 hommes, membres des communautés et bénéficiaires du projet ont pris part à ces échanges.

« Nous avons reçu des torches, nous avons été sensibilisés sur la covid 19. En ce qui concerne les violences basées sur le genre et la protection, nous avons reçu des kits de dignité, on a mis des serrures aux portes de nos toilettes, cela nous arrange et nous protège car avant les toilettes étaient vides et c’était risqué de se laver dans le vide. Les lampes nous éclairent, et nous évitent les agressions. Si le projet doit revenir, nous voulons plus des activités génératrices de revenu, et le rapprochement des points d’eau un peu partout », révèle Ouédraogo Aibata, participante à la rencontre et bénéficiaire du projet.

Les communautés sont consultées afin de susciter un engagement de tous

Avant toutes choses, des consultations ont été menées dans les communautés avec l’aide des Champions communautaires afin d’identifier les différentes difficultés rencontrées dans l’utilisation des latrines/ installations eau hygiène assainissement. Suite à ces consultations, un certain nombre de difficultés ont été relevées. Des difficultés telles que le manque de lampes torche solaire pour pallier le manque d’éclairage, les agressions la nuit, l’utilisation sécurisée des latrines, la manque de sensibilisations sur les risques de protection à l’endroit des groupes vulnérables ainsi que la communauté dans son ensemble (mariage précoce et forcé, exploitation économique des enfants, exploitation sexuelle, etc. ; le manque d'espace au profit des communautés pour discuter des moyens de protéger les groupes vulnérables et d'éviter ou d’atténuer les risques de protection, le manque de latrines/douches... « On nous a consulté, pour connaitre nos difficultés avant de venir nous aider » poursuit Ouédraogo Aibata

Lors de ces échanges avec les communautés, elles ont parlé de leurs difficultés et surtout de ce qu’elles aimeraient faire. Elles ont surtout beaucoup parlé des problèmes de cohésion sociale.

L’organisation d’une journée de cohésion sociale

De ces discussions est née la mise en place d’une journée de cohésion sociale, une volonté des communautés, pour renforcer les liens, et améliorer le vivre ensemble. Lors de cette journée de cohésion sociale, il y a eu l’apprentissage sur la saponification, précisément le savon liquide avec les femmes et les hommes personnes déplacées et hôtes, par groupe de 20. A la fin de la journée, chaque femme a eu 3 litres de savon pour son hygiène à la maison, hygiène pour la quelle Oxfam en fait son cheval de bataille. Cette formation est un premier pas vers l’apprentissage sur le savon dur, qui pourra être racheté et redistribué dans la réponse humanitaire.

 

Rappelons que, financé par la Fondation Novo Nordisk, ce projet de protection vise à améliorer l’accès des personnes vulnérables à des services de protection de qualité, et une réponse à l'insécurité et aux problèmes exacerbés par les conséquences de la COVID-19. Il veut aussi accroître l'accès des communautés marginalisées à des services WASH de qualité et soutenir leur implication dans la réponse humanitaire à la COVID-19 par un engagement efficace et une communication fiable.

Il est mis en œuvre par Oxfam et son partenaire l’Association pour la Gestion de l’Environnement et le Développement (AGED) et couvre deux communes. Dans le centre nord à Kaya, sur les sites de Koumlakré, 38 Villas, Elexcé et Yaar du secteur 4 et dans le Sahel à Dori sur les sites de Wendou, Gnaranla et Petit Paris.