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Sebba

PEA, en arrêt pour panne grave, fonctionne à nouveau grâce à l’appui du projet (système de pompage, accordage, plaques solaires) pour le grand bonheur des populations riveraine et des services de santé du CMA DE Sebba.

« Réponse multisectorielle et intégrée aux besoins des personnes déplacées internes et hôtes affectés par les déplacements et les effets du changement climatique (Projet FHRAOC) »

Située dans la région du Liptako, dans la partie nord du Burkina Faso, la commune de Sebba chef-lieu de la province du Yagha, se situe à environ 100 kilomètres de Dori. La commune de Sebba était autrefois une localité dynamique où les familles vivaient de leurs activités agricoles, de l’élevage, de l’orpaillage et du commerce. Ils vivaient paisiblement en harmonie avec des revenus modestes mais dignes. Les habitants disposaient de suffisamment de nourriture et de revenus pour couvrir leurs besoins essentiels et mener une vie relativement stable.

Sebba entretenait également d'importants échanges avec la commune voisine de Solhan, située à une quinzaine de kilomètres qui est le poumon économique de la commune de Sebba avec de nombreux sites aurifères. Connue pour ses liens culturels étroits avec le Niger, Solhan constituait un pôle économique important pour la zone. Les échanges commerciaux concernaient principalement les produits liés à l’orpaillage ainsi que divers articles provenant du Niger, contribuant ainsi au dynamisme économique local et transfrontalier. Les habitudes alimentaires des familles reposaient essentiellement sur la viande, le lait, le mil et le sorgho, produits disponibles grâce aux activités d’élevage et d’agriculture. Mais cette stabilité a été profondément bouleversée par la crise sécuritaire qui frappe la région depuis plusieurs années. Les violences et l’insécurité ont contraint une grande partie des habitants à quitter leurs villages et leurs moyens d’existence. À la suite des nombreux incursions terroristes, les installations téléphoniques ont été sabotées, mais grâce aux interventions des Forces de Défense et e Sécurité (FDS), les réseaux des compagnies de téléphonie mobile Orange a pu être réparé mais fonctionne avec un signal faible, et ceci limite fortement la communication.  Aujourd’hui, Sebba présente un visage bien différent. Une grande partie des populations d’origine a quitté la commune, tandis que des personnes déplacées internes venant des villages environnants y ont trouvé refuge. Dans plusieurs quartiers, les personnes en situation de déplacement forcé, semblent désormais plus nombreuses que les populations hôtes, transformant profondément les équilibres sociaux de la commune.

Face à cette situation, les ménages survivent principalement grâce aux convois escortés par les forces de sécurité et à l’aide humanitaire. Quelques familles pratiquent encore une petite agriculture de subsistance autour de leurs habitations pour compléter leur alimentation. Toutefois, les possibilités de production restent très limitées. L’élevage, qui constituait autrefois l’une des principales richesses de la commune, est aujourd’hui presque inexistant. Cette situation a entraîné d’importants changements dans les habitudes alimentaires. La viande, autrefois consommée régulièrement, n’est plus une nécessité pour la plupart des ménages, qui doivent avant tout chercher à satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Le maraîchage existe encore dans certaines zones, mais son développement reste fortement limité par la disponibilité de l’eau. Une mare permet temporairement d’alimenter certaines activités durant la saison des pluies. Cependant, cette réserve se vide rapidement vers le fleuve Niger, réduisant considérablement l’accès à l’eau pendant une grande partie de l’année et compliquant les efforts des populations pour produire des légumes ou diversifier leur alimentation. Pour renforcer la sécurité de la commune, des tranchées ont été construites autour de Sebba afin de limiter les intrusions. Si ces mesures visent à protéger les habitants, elles ont également des conséquences importantes sur leur quotidien. Le franchissement de ces tranchées est soumis à l’autorisation expresse, ce qui restreint fortement la liberté de mouvement des populations. L’accès aux champs, à la forêt et aux ressources naturelles est devenu difficile, mettant ainsi a commune sous blocus. 

Cette situation a fortement fragilisé l’économie locale. De nombreuses activités génératrices de revenus ne sont plus pratiquées ou sont devenues très difficile à pratiquer. Les ménages dépendent de plus en plus de l’assistance humanitaire pour couvrir leurs besoins essentiels. Au-delà des difficultés économiques, la crise entraîne également des conséquences sociales importantes. La dépendance prolongée à l’aide, la perte des repères communautaires et l’incertitude permanente ont accru la vulnérabilité de nombreuses familles.

Les relations sociales elles-mêmes ont évolué au fil des années. L’arrivée massive des personnes en situation de déplacement forcé a inversé le rapport entre populations hôtes et déplacées dans plusieurs secteurs de la commune. Malgré les difficultés, les solidarités familiales et communautaires jouent un rôle essentiel. De nombreuses familles continuent de s’appuyer sur leurs proches installés à Dori, Gorom-Gorom ou dans d’autres villes pour recevoir un soutien lorsque cela est possible. Ainsi, Sebba illustre le passage d’une situation relativement stable à une crise humanitaire complexe, marquée par les déplacements forcés, la dépendance à l’aide humanitaire, la pression sur les ressources naturelles et les profondes transformations des modes de vie. Malgré ces défis, les populations hôtes et déplacées continuent de faire preuve de résilience et cherchent chaque jour des moyens de reconstruire leurs conditions de vie.

C’est dans ce contexte que le projet « Réponse multisectorielle et intégrée aux besoins des personnes déplacées internes et hôtes affectés par les déplacements et les effets du changement climatique à Arbinda et Sebba », financé par le Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (FHRAOC) et mis en œuvre par Oxfam auBurkina Faso en partenariat avec SERACOM, apporte un soutien aux populations les plus vulnérables afin de répondre à leurs besoins essentiels et renforcer leur capacité à faire face à cette crise prolongée.

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet FHRAOC, des activités ont été initiées dans la commune de Sebba. Les activités ont été menées autour de trois axes complémentaires :

Eau, Hygiène et Assainissement (EHA)

  • La construction de latrines et douches communautaires. Treize (13) cabines de latrines/douches communautaires ont été construites afin d’améliorer l’accès des communautés à des infrastructures d’assainissement sûres et adéquates et de contribuer à la réduction des pratiques de défécation à l’air libre.
  • La réhabilitation de latrines et douches communautaires. Quinze (15) blocs de latrines/douches communautaires ont été réhabilités afin de restaurer leur fonctionnalité et de garantir des conditions d’hygiène adéquates aux populations déplacées et hôtes.
  • La réhabilitation de 02 PMH et 01 PEA. Ces travaux ont permis d’améliorer l’accès à l’eau potable des populations de Sebba, de réduire les distances de collecte de l’eau et les risques de maladies d’origine hydrique.
  • La distribution de 50 kits d’hygiène aux ménages les plus vulnérables afin de renforcer l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et de prévenir les maladies liées à l’insalubrité.
  • La distribution de 50 kits de Gestion de l’Hygiène Menstruelle (GHM) aux femmes et filles en âge de procréer afin de favoriser une gestion digne et sécurisée de l’hygiène menstruelle.
  • La vidange de 18 fosses de latrines dans l’objectif d’améliorer les conditions d’assainissement, de maintenir la fonctionnalité des ouvrages existants et d’éviter le débordement des boues fécales dans l’environnement immédiat des populations.

Sécurité alimentaire et Moyens d’existence

  • Distribution de vivres alimentaires d’urgence aux ménages les plus vulnérables, déplacés internes comme hôtes, afin de couvrir leurs besoins alimentaires essentiels et de limiter le recours aux stratégies de survie négatives. Dans la commune de Sebba, 251 ménages ont bénéficié de cette assistance alimentaire composée de sorgho, haricot, huile et sel.
  • Distribution de kits maraîchers à 100 ménages. Les bénéficiaires ont reçu des semences adaptées aux activités maraîchères ainsi que du matériel agricole leur permettant de développer des activités génératrices de revenus et d’améliorer leur sécurité alimentaire.
  • Formation de 100 personnes en techniques maraîchères. Cette activité visait le renforcement des capacités des bénéficiaires sur les bonnes pratiques de production maraîchère, la gestion des cultures et l’entretien des équipements afin d’améliorer durablement les moyens d’existence des ménages.

Protection

  • Formation des équipes du partenaire sur les Violences Basées sur le Genre (VBG), la Prévention de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSEA), l’Éducation aux Risques des Engins Explosifs Improvisés (EEI), le Genre et l’Inclusion, la protection transversale ainsi que le monitoring de protection, afin de garantir une intervention sensible à la protection.
  • Distribution de 350 kits de dignité aux femmes et filles, dans le but de renforcer leur bien-être, leur protection et le respect de leur dignité dans un contexte de déplacement et de vulnérabilité.
  • Monitoring de protection communautaire. Une activité de suivi de protection, incluant le référencement des cas et le plaidoyer, a été réalisée afin d’identifier les risques de protection et de faciliter l’accès des personnes affectées aux services appropriés.
  • Sensibilisation communautaire sur les risques de protection. Des séances de sensibilisation portant sur les VBG, la PSEA, les EEI et d’autres risques de protection ont permis de toucher 2 606 personnes, contribuant ainsi au renforcement de la prévention et de la protection communautaire.
  • Amélioration de l’environnement global de protection à travers l’accès à des services et articles favorisant la dignité et la sécurité des populations affectées par la crise.
  • Réduction des risques de protection auxquels sont exposés les femmes, les enfants et les autres personnes vulnérables dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements forcés.

De façon transversale, le projet a aussi permis : La mise en place et l’animation de mécanismes de redevabilité communautaire à travers la mise en place d’un Comité de redevabilité composés de 12 personnes, et les sensibilisations sur le numéro vert, ont permis de renforcer la participation des populations aux interventions du projet. Ces mécanismes facilitent la remontée des plaintes, suggestions et préoccupations des bénéficiaires tout en contribuant à améliorer la transparence, la qualité et la pertinence des actions mises en œuvre par Oxfam et ses partenaires.

Grâce à la mise en œuvre du projet, des changements positifs a été observés dans le quotidien des personnes déplacées internes et des ménages hôtes de Sebba :

  1. Les populations bénéficiaires disposent désormais d’un meilleur accès à l’eau potable, grâce à la réhabilitation des PMH et du PEA, réduisant ainsi les risques de maladies hydriques.
  2. Les infrastructures d’assainissement construites et réhabilitées ont permis d’améliorer significativement les conditions d’hygiène et de salubrité au sein des communautés.
  3. Les ménages bénéficiaires des kits d’hygiène et des kits GHM ont renforcé leurs pratiques d’hygiène et de prévention sanitaire, contribuant à la protection de leur santé.
  4. L’assistance alimentaire a permis aux ménages vulnérables de couvrir leurs besoins alimentaires essentiels et de réduire les effets de l’insécurité alimentaire.
  5. Les bénéficiaires des kits maraîchers et des formations ont acquis des compétences et des moyens leur permettant de renforcer leurs capacités de production et leurs moyens d’existence.
  6. Les femmes et les filles bénéficiaires des kits de dignité ont vu leur dignité, leur bien-être et leur protection renforcée dans un contexte de crise humanitaire.
  7. Les activités de sensibilisation et de monitoring de protection ont contribué à une meilleure connaissance des risques de protection et à une orientation plus efficace des personnes vulnérables vers les services adaptés.
  8. Les interventions mises en œuvre ont favorisé la cohésion sociale entre populations déplacées et communautés hôtes, tout en répondant aux besoins essentiels des populations affectées par les déplacements et le changement climatique.

Cette approche intégrée a permis de répondre simultanément aux besoins humanitaires immédiats des ménages tout en renforçant leur résilience et en préservant leur dignité.

Témoignage de quelques participants au projet FHRAOC de la commune de Sebba 

 

Fadima Aly raconte comment l’assistance alimentaire l’a soulagé, elle et sa famille

Fadima Aly, personne hôte de la commune de Sebba, Partenaire au projet (Crédit photo : Oxfam)

Nous remercions beaucoup Oxfam et son partenaire SERACOM pour tout ce qu'ils ont fait pour nous. Avec le projet, nous avons reçu des vivres, une grande quantité de vivres et cela nous a beaucoup aidés. Quand nous avons reçu notre part, nous avons même partagé avec certains voisins qui étaient aussi dans le besoin. Nous sommes vraiment contents de l'aide que nous avons reçue et nous remercions toute l'équipe pour les efforts qu'elle a faits pour nous accompagner.

Avant l'arrivée du projet, la situation était très difficile pour nous. Souvent, nous n'avions pas assez à manger et nous étions obligés de demander de l'aide autour de nous pour pouvoir nourrir nos familles. Il arrivait que le repas du soir soit le seul repas de la journée. Quand nous trouvions un peu de nourriture, nous faisions d'abord manger les enfants avant de penser à nous-mêmes. C'était une période vraiment difficile pour beaucoup de familles. L'assistance alimentaire reçue nous a beaucoup soulagés. Grâce à cela, plusieurs ménages ont pu traverser cette période avec moins de difficultés. Nous avons également reçu des kits de dignité qui nous ont beaucoup aidés dans notre quotidien.

Le projet nous a aussi appuyés dans le jardinage. Nous avons reçu des formations, des semences et des arrosoirs. Aujourd'hui, nos jardins communautaires nous rendent de grands services. Nous y cultivons notamment le haricot et nous utilisons les feuilles pour préparer le gouré. Cela nous aide à améliorer notre alimentation. Pour ma part, je me prépare actuellement à faire ma pépinière avant de repiquer dans le jardin. J'espère que cela va bien produire pendant cette saison des pluies et nous permettre d'avoir davantage de nourriture pour le ménage.

Même si nous avons déjà bénéficié de beaucoup d'appuis, nous avons encore quelques besoins. Nous souhaitons avoir des grillages pour protéger les jardins, car les animaux peuvent détruire les cultures. Nous avons aussi besoin de seaux d'eau, de charrettes pour le transport et de pesticides pour mieux entretenir les productions. Tout cela va nous aider à mieux travailler dans les jardins et à avoir de meilleurs résultats. Nous souhaitons aussi continuer à bénéficier de l'assistance alimentaire, car les besoins sont toujours là. Nous aimerions également avoir des activités qui nous permettent de gagner un peu d'argent afin de nous occuper et de mieux prendre soin de nos familles.

Nous remercions encore une fois Oxfam et SERACOM pour leur soutien. Grâce au projet, nos conditions de vie se sont améliorées et nous espérons pouvoir continuer les activités pour faire face aux difficultés que nous rencontrons.

Des latrines communautaires source de bien-être pour DJENEBA AMADOU et ses voisins

DJENEBA AMADOU, personne déplacée interne, Partenaire au projet (Crédit photo : Oxfam)

Avant la construction de cette latrine, nos conditions n'étaient pas bonnes. Nous n'avions pas de latrine et chacun se débrouillait comme il pouvait. Les adultes comme les enfants étaient obligés d'aller au niveau de la marre ou dans la brousse pour faire leurs besoins. Les enfants, surtout les plus petits, eux, faisaient souvent leurs besoins derrière les maisons ou dans les alentours des concessions. Cela créait beaucoup de saleté et de mauvaises odeurs autour des habitations. Cela posait beaucoup de problèmes. Il y avait des mauvaises odeurs et ce n'était pas propre. Quand il y avait beaucoup de monde dans le quartier, la situation devenait encore plus compliquée. Les enfants jouaient parfois dans des endroits sales et cela nous inquiétait.

Pendant la saison des pluies, la situation devenait encore plus compliquée. Les eaux de ruissellement emportaient parfois les excréments et cela augmentait les risques de maladies. Les femmes, les personnes âgées et les enfants rencontraient également beaucoup de difficultés, surtout la nuit, lorsqu'il fallait se déplacer pour chercher un endroit où se soulager. Si quelqu’un a des besoin urgent dans la nuit, c’est très risqué, vu que la personne sera obligée de sortir seule dans la nuit, avec la peur, ce n’est vraiment bien comme situation, surtout pour les femmes. 

Depuis que cette latrine a été construite, les choses ont changé. Aujourd'hui, nous disposons d'un endroit propre et adapté pour faire nos besoins. Les enfants utilisent la latrine et les adultes aussi. Nous sommes vraiment soulagés. Nous essayons de la garder propre pour qu'elle puisse servir à tout le monde dans de bonnes conditions. Cela a apporté un réel soulagement à nos familles. Cette réalisation a aussi permis d'améliorer la propreté dans notre environnement. Les mauvaises odeurs ont fortement diminué et les alentours des habitations sont plus propres qu'avant. Nous nous sentons plus à l'aise et plus en sécurité, notamment pour les femmes et les enfants qui n'ont plus besoin de s'éloigner pour chercher un endroit où aller. Avant, il fallait marcher pour chercher un endroit où aller, mais maintenant nous avons un espace approprié juste à côté de nous.

Dans notre quartier, beaucoup de familles ne disposent pas encore de latrines. Certains ménages utilisent encore des latrines en paille qui sont souvent détruites par le vent ou les intempéries. D'autres n'ont tout simplement pas les moyens d'en construire. C'est pour cette raison que nous avons décidé de partager cette latrine avec nos voisins. Nous avons même placé un seau d'eau et une bouilloire à l'entrée pour permettre à chacun de l'utiliser dans de bonnes conditions. Beaucoup de personnes viennent ici. On peut même dire qu'elle appartient un peu à tout le quartier. Tout le monde en profite et cela aide beaucoup de familles. Chacun comprend son importance et contribue à la préserver pour qu'elle puisse servir le plus longtemps possible.

Aujourd'hui, les mauvaises odeurs ont diminué et l'environnement est plus propre qu'avant. Les enfants, les femmes, les hommes et les personnes âgées peuvent l'utiliser facilement. Cela nous apporte plus de confort et nous aide à vivre dans de meilleures conditions. Nous sommes très reconnaissants envers Oxfam et son partenaire SERACOM pour cette réalisation. Grâce à cette latrine, nous avons laissé derrière nous certaines pratiques qui affectaient notre santé et notre cadre de vie. Les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées peuvent désormais utiliser un espace approprié dans de meilleures conditions d'hygiène. C'est un changement que nous apprécions beaucoup et qui apporte un véritable mieux-être.

Un renforcement de capacité dans l’activité de jardinage peut aider à une meilleure alimentation selon Diallo Moussa

DIALLO MOUSSA, personne hôte de la commune de Sebba, Partenaire au projet (Crédit photo : Oxfam)

Nous avons vraiment traversé des moments difficiles. Il y a eu des périodes où nous n'avions presque rien à manger. Souvent, nous nous contentions de feuilles de baobab, de feuille de balanite, de feuilles de gombo ou encore de feuilles de haricot pour préparer la sauce. C'était ce que nous trouvions pour pouvoir nourrir la famille. Nous faisions avec les moyens du bord pour pouvoir tenir.

Avant l'arrivée des convois et de l'assistance, la souffrance était grande. Nous manquions de nourriture et de beaucoup d’autres choses, même lorsque les convois arrivaient, tout le monde ne pouvait pas s'approvisionner comme il le voulait. Beaucoup de familles n'avaient pas de revenus. Sans travail, il était difficile de trouver de l'argent pour acheter ce dont nous avions besoin. Il arrivait même que certaines personnes passent la journée sans savoir ce qu'elles allaient manger le soir.

Par la grâce de Dieu, des ONG nous aident. Grâce à ce projet, nous avons reçu des vivres qui nous ont permis de mieux traverser cette période. Cet appui est arrivé à un moment où nous en avions vraiment besoin. Cela a beaucoup aidé nos familles et nous a permis de souffler un peu. Nous n'avons pas seulement reçu des vivres. Nous avons également bénéficié d'un appui pour le jardinage. Nous avons reçu des semences, de l'engrais, des arrosoirs et d'autres matériels qui nous permettent aujourd'hui de travailler. Cela nous donne l'espoir de pouvoir produire nous-mêmes une partie de notre nourriture. Même aujourd'hui, les difficultés existent toujours. Il n'y a pas beaucoup de travail et les revenus restent faibles. Souvent, même lorsque quelqu'un dispose d'un peu d'argent, il ne trouve pas forcément ce qu'il cherche au marché parce que les commerçants manquent eux aussi de marchandises. C'est une situation qui touche beaucoup de familles ici.

Le projet d'Oxfam nous a réellement soulagés et nous remercions beaucoup les personnes qui nous ont apporté cette aide. Cependant, nous avons encore quelques besoins. Nous souhaitons avoir du grillage pour protéger les jardins, ainsi qu'un meilleur accès à l'eau afin de pouvoir produire davantage. Nous pensons aussi aux autres personnes qui n'ont pas encore bénéficié d'un appui. Beaucoup de familles sont toujours dans le besoin et 

Aboubacar Mindieba pense qu’avec de bon matériel de jardinage et un renforcement de capacité, il peut subvenir aux besoins de sa famille 

 ABOUBACAR MINDIEBA, personne hôte de la commune de Sebba, Partenaire au projet (Crédit photo : Oxfam)

L'arrivée du projet a été un grand soulagement pour nous. À cette période, la population souffrait beaucoup à cause du manque de nourriture. Plusieurs familles avaient du mal à trouver de quoi manger et la situation était devenue très difficile.

Grâce au projet, nous avons reçu des vivres qui nous ont permis de faire face à cette période. Cette aide nous a beaucoup soutenus et nous en sommes très reconnaissants. Dans nos ménages, cela a permis de répondre à des besoins urgents et de réduire les difficultés que nous rencontrions. En plus de l'assistance alimentaire, nous avons reçu un appui pour le jardinage. Nous avons bénéficié d’abord d’une formation et ensuite de semences de chou, d'oignon, de gombo, d'aubergine et de tomate. Nous avons aussi reçu de l'engrais ainsi que plusieurs matériels de travail comme des pelles, des brouettes, des pulvérisateurs et des dabas.

Aujourd'hui, nous préparons nos activités de jardinage avec l'espoir d'obtenir de bonnes récoltes. Cela va nous permettre d'avoir des légumes frais pour nos familles et, si la production est bonne, de vendre une partie afin d'obtenir quelques revenus. Pour nous, c'est une activité importante parce qu'elle nous aide à occuper notre temps tout en améliorant nos conditions de vie.

Nous remercions beaucoup Oxfam et SERACOM pour cet accompagnement. Toutefois, nous avons encore certains besoins pour réussir pleinement nos jardins. Notre principale préoccupation reste le grillage. Sans protection, les animaux peuvent entrer dans les parcelles et détruire les cultures. Nous souhaiterions également bénéficier de pesticides et d'engrais supplémentaires pour améliorer les rendements. Nous avons aussi besoin de motopompes, car le point d'eau est situé à une certaine distance. Le transport de l'eau demande beaucoup d'efforts et prend du temps. Si nous disposions de motopompes, cela faciliterait énormément le travail et nous permettrait d'entretenir correctement nos cultures.

Ousmane Hama se réjouit de partager ses latrines avec 7 autres ménages voisins


Ousmane HAMA, personne déplacée interne de Banbori, Partenaire au projet (Crédit photo : Oxfam)

Je suis Ousmane Hama, nous avons quitté Banbori. Je réside au secteur 1 de Sebba. Avant la construction de cette latrine, nous avions beaucoup de difficultés. Dans notre concession, il n'y avait pas de latrine et cela créait plusieurs problèmes pour les familles. Quand nous avions besoin d'utiliser des toilettes, nous étions souvent obligés de demander à nos voisins. Parfois ils acceptaient, mais souvent ils refusaient parce qu'eux aussi étaient nombreux à utiliser leurs installations. Cette situation était particulièrement difficile pour les femmes, les enfants et les personnes âgées. La nuit ou pendant les périodes de pluie, il était encore plus compliqué de trouver où aller. Cela nous mettait souvent dans l'embarras et causait beaucoup d'inconfort.

Aujourd'hui, nous rendons grâce à Dieu et remercions tous ceux qui ont contribué à la construction de cette latrine. Depuis qu'elle est là, notre quotidien a changé. Les enfants l'utilisent régulièrement, les femmes également, ainsi que tous les autres membres des ménages. Nous sommes nombreux dans cette concession. Nous sommes environ sept à huit ménages à partager cet espace. Malgré cela, cette latrine nous rend de grands services chaque jour. Elle est utilisée du matin au soir et répond à un besoin important de toutes les familles. Même lorsqu'il pleut, nous pouvons y accéder facilement puisqu'elle est située dans notre concession. Nous n'avons plus besoin de nous déplacer ou de dépendre d'autres personnes. Cela nous apporte beaucoup de confort et de tranquillité.

 

Nous sommes vraiment contents de cette réalisation. Les mots nous manquent parfois pour exprimer notre satisfaction. Cette latrine nous a apporté un soulagement réel et a amélioré nos conditions de vie. Notre souhait est que Dieu continue de bénir toutes les personnes qui nous viennent en aide et que d'autres familles puissent également bénéficier de ce type d’appui.